En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'installation de cookies sur votre terminal. Plus d'informations sur les cookies

 


 
<Calendrier>
Octobre 2017

 

Paroisse Saint-Didier

Autres paroisses du Doyenné

Horaire des messes

Lieux de culte

Actualités

Equipes et mouvements

 

Catéchèse

Aumônerie

Formations, conférences

 

 

Baptême

Confirmation

Eucharistie

Pénitence et réconciliation

Onction des malades

Mariage

Musique liturgique

 

Pastorale de la santé

Funérailles chrétiennes

Solidarité

 

 

 

 

 

 

 

CONTACT
Paroisse Saint-Didier
1 bis rue Aubert
52200 LANGRES

 

Mentions légales © 2013

 

L'intercession de Notre-Dame de toutes grâces

 

L’armée allemande avait installé une grande poudrière au bas de la ville, à l’Est. Le 12 septembre 1943, quelques résistants parmi les pompiers de Langres, après s’être renseignés soigneusement auprès des allemands prétextant un  grand risque d’explosion et d’incendie, s’introduisirent dans la poudrière et la firent exploser.

La déflagration énorme souffla de nombreuses vitres et maisons dont les vitraux de la cathédrale, et se fit entendre à plusieurs kilomètres de là. Le récit écrit par les moniales des Annonciades est particulièrement éloquent. L’Evêque de Langres, Monseigneur CHIRON, se rendant à la cathédrale, trouva la statue de Notre-Dame de toutes grâces sur le dallage du déambulatoire à plusieurs mètres de l’autel où elle était posée.

La statue en bois n’était pas cassée. Le 8 décembre 2011, après avoir été nettoyée et consolidée, cette statue qui demeurait au Trésor, a été remise en place. Monseigneur GUENELEY a présidé la messe et la procession  regroupant environ 200 personnes.

ANNALES de

« NOTRE MONASTERE DE L’ANNONCIADE CELESTE

DE LANGRES »

quatrième volume pages 329 à 334

Explosion
Le 8 septembre à la cathédrale les fidèles passèrent la journée dans la prière et la supplication pour obtenir la grande grâce de la paix ; dès le matin la récitation du chapelet était ininterrompue.
Le même jour notre Révérende Mère Marie-Julienne nous proposa de faire un triduum de procession en l’honneur de notre Sainte Mère Marie- Victoire pour obtenir de la Sainte Vierge la cessation des hostilités, une paix tant désirée.
La neuvaine préparatoire à la fête étant terminée, nous nous disposions à célébrer dans la joie notre Sainte Mère, date à laquelle nous associons notre reconnaissance pour le retour de l’exode de 1940 qui s’était effectué le 11.

Mais le 12, quel réveil peu monastique, le calme de notre région ne nous avait pas préparés à un réveil aussi militaire, nous pensions à un bombardement, mais c’était formidable. C’est vers quatre heures à la lueur et au bruit d’une explosion à quelque distance du couvent que nous sommes réveillées, un tremblement de terre se fait sentir ; dans quelques cellules les lits sont soulevés, les sœurs les plus braves tremblaient ne pouvant s’expliquer, plusieurs quittent leurs cellules sans prendre le temps de se couvrir, au même moment une nouvelle explosion, c’est alors le bruit inoubliable des cloisons qui tombent, le fracas des fenêtres arrachées. Notre Révérende Mère nous fait descendre par l’escalier de l’infirmerie, le grand escalier étant encombré par les fenêtres arrachées. Les religieuses valides se  trouvent réunies autour de notre Révérende Mère dans la cour.

L’absence de deux sœurs qui n’avaient pu nous rejoindre à cause d’une cloison de cellule éboulée dans la corridor du noviciat nous mettait en inquiétude. Enfin, nos chères sœurs après avoir éprouvé une protection très spéciale de la Sainte Vierge, venaient nous rejoindre après la cinquième explosion ; elles avaient été obligées de passer par les souterrains car l’éboulement du mur de la cuisine coupait toute communication avec le grand corridor. Nous étions toutes réfugiées autour du calvaire faisant le sacrifice de notre vie en union avec la grande Victime.

Peu après une pluie de poudre tombe sur nous et nous nous demandions ce que cela pouvait être. On n’entendait aucun bruit d’avion mais le ciel était en feu du côté de l’hôpital. Au bout d’un quart d’heure, un calme relatif se rétablit. Deux infirmes étaient restées dans leur cellule car au moment de l’explosion, dans l’obscurité et le désarroi, impossible de leur porter secours. Notre Père entre en clôture, va avec quelques sœurs à leur rencontre ; ils trouvent nos deux chères doyennes toujours couchées, la cloison est tombée entre leurs lits, un gros plâtre est tombé sous les ruines, heureusement une main amie avait préparé le coup, une explosion unique aurait réduit le rocher de Langres en miettes, autre protection à côté de la poudrière, une réserve de pétrole entreposée dont …. venait d’être liquidée et la veille une quantité de poudre emportée.
La ville de Langres a fait un pèlerinage de reconnaissance à Notre-Dame de la Délivrance. En quelques mots, Monseigneur (lire : Mgr Louis CHIRON, Evêque de Langres) résuma la protection de la Sainte Vierge sur la ville pendant la catastrophe. Voici l’extrait qui concerne l’explosion :

 « Le souvenir du 12 septembre 1943 ne s’effacera pas sitôt de notre mémoire. Le réveil soudain dans la nuit, à la lueur et au bruit de l’explosion infernale. Le souffle tragique cinq fois secouant la ville et, de ses rafales, ébranlant nos demeures. Les portes et les fenêtres arrachées ou brisées, les cloisons écroulées, les briques et les débris dangereux partout projetés autour de nous, sur les lits et sur les bureaux. Et cela dans des centaines de maisons, peut-être dans plus d’un millier ! Pourtant, quand chacun a pu se reconnaître ensuite au milieu de la poussière et des ténèbres, il y avait sans doute ici et là des blessures superficielles comme pour authentifier le péril couru, mais pas un mort et pas un blessé grave ! Et combien d’entre nous ont nettement conscience d’avoir frôlé la mort à quelques centimètres près ? Tout s’est passé comme si une main mystérieuse et diligente avait, parfois de justesse mais avec sûreté, écarté de nous les débris ou bien nous avait conduit nous-mêmes à la minute opportune en dehors des points de chute fatals.
Quelle main ? Mes frères, cette fragile statue de Marie que nous venons d’accompagner jusqu’ici en procession, elle même dans la cathédrale sinistrée, a été soulevée de son socle et précipitée sur les dalles de pierre, et elle est demeurée intacte, ainsi que la statuette plus fragile encore du Saint Enfant aux petits bras étendus qu’elle soutenait de sa main. Ce fait n’est-il pas aussi un symbole ? La main bienveillante et protectrice, la voilà, Notre-Dame a pris dans ses bras ses enfants de Langres qu’elle aime, et elle nous a gardés, comme Elle a gardé son Jésus. Sans doute la ville est meurtrie, mais toutes les vies sont sauves. Cela vaut bien l’hommage de notre reconnaissance. Ô Notre-Dame de la Délivrance, nous croyons, que vous êtes notre Mère et que vous nous avez protégés. Daignez agréer notre fervent merci. En retour, nous serons vos enfants, avec votre aide, à Jésus et à vous, nous promettons fidélité »